Françoise Nicol

A la frontière de la poésie et des arts (XXè & XXIè s.)

Axes de recherche

Axes de recherche

Depuis ma thèse (« Les livres de Braque », poétique de la résonance, Paris 7, 2000), je travaille à la frontière de la littérature française (la poésie et les écrits sur l’art, sans exclusive) et des arts, aux XXe et XXIe siècles.

Un des grands poètes du siècle, Georges Limbour, rencontré à la faveur d’un texte qu’il écrivit sur Braque, est, depuis ce temps, un de mes « compagnons de route ». L’étude de ses écrits sur l’art a été présentée lors de mon  HDR (habilitation à diriger des recherches).

La littérature dans sa relation aux arts visuels

Il s’agit

  • d’explorer les formes possibles d’interactions entre des arts qui ont leurs « moyens propres » (Reverdy) et entraînent des modes de lecture spécifiques hors (ou à l’intérieur) de l’esthétique de la mimesis ;
  • d’observer les formes de créations originales qui naissent de ces fécondations d’un art par l’autre ;
  • d’analyser le « retour amont », au moment où, dans un certain rapport au monde, sous la plume ou le pinceau, se déclenche le processus créateur (confrontation des poétiques) ;
  • d’interroger la question de l’acte de lecture.

Domaines d’exercice de cette recherche :poétique et esthétique.

  • La critique d’art (G.Limbour)
  • Les dialogues entre artistes (exemple : P. Reverdy et G. Braque ; surréalisme et peinture ou : l’étude du film de V. Aubouy, Proust lu).
  • Le poète face à la peinture ( J.Tardieu).
  • Les œuvres communes : livres à deux mains sur divers supports (Eluard-Ernst, Guillevic-Dubuffet, etc.).
  • Les changements de rôle : le peintre lecteur, le poète spectateur (question de la réception).
  • La question de l’ekphrasis (voir mon livre Georges Limbour, l’aventure critique).
  • La double démarche artistique (Max Jacob, H. Michaux, C. Dotremont, peintres et poètes ; C. Cahun, écrivain et photographe).
  • Les esthétiques communes, les accords entre les poétiques comme processus de création (exemple : Limbour-Masson, Follain-Léger, Char-Braque).

1. La relation texte-image

  • La présence/absence de l’image (J-L Nancy, M-J Mondzain).
  • Sur la page du livre, quand elle est réalisée à deux mains (le poète et le peintre-graveur), la relation texte-image peut fonctionner en un système dynamique (résonances à plusieurs niveaux ; entre les artistes, leurs poétiques, leurs œuvres).
  • Ce concept de résonance a été élaboré dans ma thèse. Elle ne peut faire l’objet d’une analyse « mécanique » (étiquetage des fonctions de l’image): le texte et l’image travaillent simultanément (sens barthien du mot « texte », dans le contexte de la crise du signe).
  • Une lecture oscillante spécifique, fondée sur les rapports.

2. La poétique du support

  • « La pensée de l’écran » (A-M Christin).
  • La relation texte-image ne peut se concevoir hors du contexte de l’histoire du livre (« réglage » de l’illustration dans l’édition française, en particulier au XIXe siècle ; M. Melot).
  • La page du livre, champ clos, est un lieu redoutable où s’affrontent deux expressions autant que deux systèmes de signes, le livre étant traditionnellement le « support de l’écriture » (A. Labarre). Tension plus que « dialogue » aimable entre mots et images…

3. Edition

  • le « livre de peintre ».
  • le rôle de l’éditeur ou de l’artiste-éditeur dans la création de l’objet-livre.
  • Prolongement : accords et discordances texte-image dans l’illustration des albums jeunesse contemporains.

Thèse de doctorat :

« Les livres de Braque », poétique de la résonance. (2000).
Braque et Reverdy sont les premiers à formuler « l’art de création ». Dans le contexte de la remise en cause de la représentation par les avant-gardes, quelle relation s’établit entre la poésie et les images dans l’espace de ce livre nommé « livre de peintre » ? L’examen des livres d’un des deux inventeurs du cubisme, G. Braque, et de poètes proches de lui (P. Reverdy, R. Char, F. Ponge et P.-A Benoit), a permis d’apporter une réponse qui ne saurait se limiter à la question de l’illustration ou à l’étiquetage des différentes fonctions de l’image. Des rapports à la fois « lointains et justes » se nouent sur la page qui reposent sur l’accord établi entre la poétique du peintre et celle du poète. Je les ai théorisés par le concept de résonance qui n’exclut jamais la tension entre deux systèmes de signes différents et deux formes artistiques ayant chacune leurs « moyens propres ». Les mots et les images constituent un système dynamique d’interactions qui impose un mode spécifique de lecture oscillante.

J’ai élaboré une méthodologie d’analyse de la relation texte-image dans le livre qui est à la base de mon travail actuel (bases théoriques : P. Reverdy, A.-M. Christin, G. Rosolato, J. Chénieux-Gendron, et al.).

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